Histoire de la BAI

Sous le Second Empire, la nécessité de « bibliothèques populaires » qui permettraient au peuple d’avoir de bonnes lectures fait consensus. En revanche tous ne sont pas d’accord sur la nature des ouvrages, la nécessité du prêt, la gestion des bibliothèques et l’administration impériale accorde difficilement les autorisations.

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A Paris, quelques ouvriers et artisans aidés des professeurs de l’Association philotechnique dont ils suivent les cours décident néanmoins d’acquérir les ouvrages nécessaires à leur instruction. Leur initiative est puissamment originale. Constituant une association en 1861, ils achètent des ouvrages que les lecteurs comme les lectrices empruntent cbai_cataloguesontre une modique cotisation. Les membres de l’association peuvent suggérer des achats, participer à la vie de la bibliothèque grâce à leur vote. Le succès est certain : les dons de livres affluent tout comme les sociétaires qui viennent parfois de loin dans Paris. Ils sont 300 lecteurs dès la première année et l’on passe à plus de 600 l’année suivante ! Non seulement la BAI est soucieuse de fournir des ouvrages pour l’instruction du peuple (Sciences, Histoire, Droit, etc.)  mais elle admet que les livres dits de « délassement »  (romans, etc.) puissent être demandés. D’autres bibliothèques des Amis de l’Instruction sont créées dans Paris puis en banlieue. Chacune de ces bibliothèques a ses statuts, son catalogue et ses livrets pour les sociétaires. Elles s’associent en un syndicat et organisent des conférences de grande ampleur pour donner au peuple le goût de lire et de s’instruire.

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Malgré quelques péripéties administratives liées à sa coloration politique (nombre de ses membres sont inspirés par les idées fouriéristes, socialistes, etc.), la BAI du 3e arrondissement parvient à subsister. Elle se fixe en 1884 au 54 rue de Turenne où elle se trouve encore aujourd’hui. Son fonds est constitué de 20 000 ouvrages entrés entre 1861 et 1940.

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Les bibliothèques populaires, après avoir montré aux bibliothèques municipales les vertus du prêt, sont entrées dans un long déclin au XXe siècle. Seule, la BAI du IIIe arrondissement a survécu grâce à l’enthousiasme de ses bénévoles. Aujourd’hui, elle continue à accueillir des visiteurs, entretient le fonds, organise des rencontres telles que des « soirées de lecture », et veille à faire connaître la formidable histoire des premières bibliothèques populaires.

Vous trouverez ci-dessous des précisions sur les premiers lecteurs de la BAI et sur les premiers catalogues. Vous pouvez aussi lire les billets du carnet de recherches de la BAI  consacrés aux recherches sur l’histoire des bibliothèques populaires. Agnès Sandras

Pour en savoir plus:

– Ecouter la présentation de la bibliothèque par Agnès Sandras, lors des Journées du Patrimoine : 

– Les actes du colloque de 1984 

couverture 1984

– le colloque 2014

Affiche du colloque BAI 2014
Colloque BAI des 6 et 7 juin 2014

– Des  bibliothèques populaires à la lecture publique 

Des Bibliothèques Populaires à la Lecture Publique
Des Bibliothèques Populaires à la Lecture Publique

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