Soirée de novembre 2014 (1) : Les bibliothèques positivistes

Les bibliothèques positivistes. Des projets d’Auguste Comte aux réalisations institutionnelles des disciples

par  Annie Petit,

bibliothèque positiviste

le 6 novembre 2014

La volonté de vulgariser la culture est précoce chez Auguste Comte qui, par-delà les actions personnelles, programme des actions collectives s’insérant dans un projet de réorganisation socio-politique générale. Les disciples se sont appliqués à développer leurs interventions dans les Bibliothèques populaires et en en fondant certaines sous le patronage explicite du positivisme.
Est ici d’abord rappelée la vocation pédagogique de Comte et combien elle différencie, entre autres, ses projets de ceux de son ex-maître et ami Saint-Simon. Puis sont analysés les modalités de la diffusion des savoirs telles que Comte l’a pratiquée : ses Cours gratuits du dimanche visant un large public ; ses Discours qui, délaissant les “savants” jugés “pédantocrates” sont de plus en plus nettement adressés aux prolétaires. Puis les efforts institutionnels multipliés dans le cadre de la création de la Société positiviste fondée en 1848, dont l’établissement de la liste de la “Bibliothèque du prolétaire du XIXe siècle” (1851) légèrement amendée dans les versions ultérieures de la “Bibliothèque positiviste” (1854).
Sont ensuite analysés les travaux des disciples. Ils réunissent d’abord les 150 volumes de la “Bibliothèque positiviste”, regroupés selon les choix du maître. Et pour les séries de conférences où ils s’engagent leur propagande, ils privilégient les interventions dans les “bibliothèques populaires” : à Paris, dès 1876 dans celles du XIVe et du XIXe arrondissements et bientôt dans celles du IIIe, VIe, XVe, XIe, IVe, VIIIe, XVIIIe. Mais surtout les positivistes arrivent à fonder des bibliothèques populaires au nom de leur propre mouvement, en banlieue et en province, à Puteaux, au Havre. Ils parviennent à en installer une au 58 rue Réaumur en 1880, lieu qui accueile d’ailleurs bien d’autres associations positivistes ou syndicales. L’existence de la Bibliothèque positiviste rue de Réaumur ne freine en rien la politique délibérée d’interventions dans les autres Bibliothèques populaires, comme dans les Mairies et auprès d’autres associations.
Avec la fondation par le positiviste Georges Deherme de “La Coopération des Idées” (1899), qui se développe pour devenir bientôt “Université populaire”, les positivistes sont nombreux à intervenir dans ce mouvement où on les trouve aux postes clés.

Annie Petit, agrégée de philosophie, est Professeur émérite de philosophie de l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Sa thèse de Doctorat d’Etat a été consacrée en 1993 aux Heurs et malheurs du positivisme comtien, Philosophie des sciences et politique scientifique chez Auguste Comte et ses premiers disciples 1825-1890. Ses recherches et publications portent sur l’histoire de la philosophie, la philosophie et l’histoire des sciences, et sur l’histoire des idées au XIXe siècle ; surtout sur les mouvements positivistes et les importants débats qu’ils ont entraînés. Auteurs plus particulièrement étudiés : Auguste Comte, Emile Littré, Pierre Laffitte, C. Bernard. E. Renan. M. Berthelot. H. Bergson. 

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