Cinq soirées de la saison 2015-2016

Les cinq premières soirées de la saison 2015-2016 ont invité l’auditoire de la BAI à des randonnées parisiennes, à la découverte de deux femmes du dix-neuvième siècle et à une soirée en chansons. Le 54 de la rue de Turenne a accueilli un public aussi nombreux qu’il y est possible. Des discussions animées ont suivi les exposés très appréciés.

Les enregistrements de ces cinq soirées sont écoutables à partir du Kiosque aux conférences du site de la BAI.

 

L'enceinte de Philippe Auguste
L’enceinte de Philippe Auguste

Renaud Gagneux, en novembre, nous a fait parcourir l’enceinte élevée par Philippe-Auguste sur la rive droite. Certains de ses vestiges sont offerts au regard du promeneur, mais la conférence a dévoilé des indices plus confidentiels : telle cheminée déviant de la ligne de ses voisines et révélant un appui de maison ancienne sur le mur fortifié disparu, telle traces insoupçonnable à moins de se percher sur un clocher pour en prendre la photo… comme l’a fait Emmanuel Gaffard dont les clichés ont ponctué le parcours.

 

L'invention de Paris

Le Marais évoqué par Éric Hazan, auteur de L’invention de Paris : Il n’y a pas de pas perdus, a réduit notre domaine d’exploration dans l’espace, mais nous a fait traverser l’Histoire, de Henri IV au Second Empire. Les migrations de classes, de fortunes et d’activités ont nourri un propos plein de verve. Les prolongations, jouées grâce à la présence de plusieurs familiers du quartier, nous ont conduits jusqu’au seuil de l’exposition qui se tenait, dans le même temps, au Musée Carnavalet, consacrée aux transformations du Marais des années 1970.

 

Flora Tristan
Flora Tristan

melancolie-ouvriere, de Michelle Perrot

Des deux femmes dont il fut question, l’une est célèbre, l’autre inconnue. Michel Blanc nous a fait partager, au mois de décembre, la vie courte et intense de Flora Tristan (1803-1844), ses rêves et son action bien concrète pour la conquête des libertés, dans un dix-neuvième siècle qui n’en finit pas de nous concerner. Sa personnalité conjugue un romanesque et une lucidité qui lui font opter pour la remise en question de l’ordre social qui maintient hommes et femmes dans un état de dépendance. La tendre et “admirablement jolie” Flora Tristan fait le lien avec la conférencière suivante. Elle a, en effet, consacré son ouvrage intitulé Des femmes rebelles à Olympe de Gouges, Flora Tristan et George Sand. Mais la personne que Michelle Perrot nous a fait connaître en janvier n’a pas un statut de célébrité. Lucie Baud, à laquelle est dédié le livre Mélancolie ouvrière, est une ouvrière de la soie, “élevée sur les genoux de l’église”. Cette femme, plusieurs fois rencontrée par Michelle Perrot dans son parcours de chercheuse, s’est révélée avoir joué une rôle rare pour son temps et son milieu dans le mouvement syndical du XIXe siècle. Les quelques pages biographiques écrites par Lucie Baud mises en contexte par l’enquête de l’historienne ont révélé la personnalité attachante et complexe de cette femme méconnue, y compris de sa famille.

 

Chansons tirées de "chansons de la mer" présentées par Gérard Carreau
Chansons tirées de « chansons de la mer » présentées par Gérard Carreau

On parla chansons au mois de mars. Gérard Carreau, après avoir mis à disposition une grande quantité de carnets manuscrits, de feuilles volantes avec ou sans partitions, de recueils et d’albums, a ouvert notre horizon grâce à La Clé du Caveau. Ce formidable outil recensait et classait tous les “timbres”, autrement dit les airs de chansons préexistants sur lesquels les auteurs pouvaient greffer de nouvelles paroles. Il fallait que le répertoire soit abondant pour justifier que les lieux et associations où l’on chantait soient légion, à Paris comme en province. Quant aux romances que l’on interprétait chez soi, elles n’ont peut-être pas ajouté au répertoire des chefs d’œuvre incontournables, mais elles ont accompagné l’entrée, dans les foyers bourgeois, de l’indispensable piano.

On retrouvera les enregistrements de ces cinq soirées dans le Kiosque aux conférences du site de la BAI.

Hélène Personnaz

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